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Home Vie politique Chronique Madagascar. L’affaire Député Nina ou la vraie vie dans l’espace malgachophone

Madagascar. L’affaire Député Nina ou la vraie vie dans l’espace malgachophone

Bon, çà va donc rouler pour le fameux Espace économique francophone (ICI). Qui vivra verra. Mais tournons-nous, à présent vers l’Espace malgachophone. Qu’en est-il dans la vraie vie sous l’ère Rajaonarimampianina?

Je veux parler de l’espace vital de tout un peuple délaissé par un président qui n’a qu’une seule hantise, désormais: se faire déboulonner comme tous ses prédécesseurs, sans exception. Lui, de toute façon, il ne fera pas exception et il passera le restant de sa vie en rasant les murs d’ici ou d’ailleurs. Jusqu’à ce qu’il retourne à la poussière, nu comme un ver. Dieu lui réserve une fin à la hauteur de ses «exploits» de fossoyeur de la nation…

Ce qui est arrivé au député de Madagascar, Rahantanirina Lalao dite Nina, élue Mapar à Mahajanga, illustre parfaitement la réalité de l’espace malgachophone. Un proche du régime Hvm lui avait proposé des carreaux de terrain et une somme de 1 milliard ariary si elle se rangeait au côté du filoha Rajaonarimampianina. Elle a refusé, contrairement à d’autres qui commencent à glisser sur la pente du remord, poursuivis par leur conscience immatérielle mais omniprésente («Aleho enjehin’ny omby masiaka toa izay enjehin’ny eritreritra»). Personne ne les pleurera et ne prendra en considération leur «aza fady» qui ne serviront plus à rien. Ce n’est pas le ridicule qui tue à Madagascar mais c’est le fait d’être mis au ban de la société («Tsy ny tany no fady fa ny vavam-bahoaka»). Fermons cette parenthèse.


Du coup, comme à son habitude, le régime Hvm a enclenché ses actes d’intimidation à travers des éléments de forces de l’ordre officielles se conduisant en parfaits petits terroristes: cagoules, armes de guerre, irruption chez autrui en dehors des heures légales.

Ainsi, le mardi 13 septembre 2016, à 3h du matin (oui!), trois policiers en civil et une dizaine d’hommes encagoulés et armés jusqu’aux dents, ont frappé à la porte du domicile du député Nina, sis aux 67ha à Antananarivo. Celle-ci n’ayant pas été sur les lieux, ce sont des adolescents qui ont ouvert, après un tambourinement infernal de ce commando. Une fois à l’intérieur, ces terroristes de l’Etat Hvm ont commencé à fouiller la maison de fond en comble. Que cherchaient-ils? Des «miliciens» cachés et des armes. Cela, sans mandat de perquisition et trois heures avant le délai légal dicté par la loi. Après avoir forcé ces ados à avouer ce qu’ils ignoraient, ces courageux couards au visage caché sont passés à un tabassage digne de celui sur l’étudiant Jean-Pierre à Ankatso (ICI).

N’ayant rien trouvé de compromettant pour le député Nina -qui était la vraie cible de cette attaque terroriste-, ces valeureux commandos ont emmené les quatre ados, emportant au passage ce qu’ils avaient pu emporter, comme des téléphones portables, ordinateurs, tablettes… bref des babioles que ces misérables ne pourront jamais s’offrir avec leur salaire de misère.

Après avoir tenté de déposer ces quatre ados au ministère de l’Intérieur qui a refusé de les prendre parce qu’ils étaient blessés, c’est finalement à l’Hôtel de police de Tsaralalàna qu’ils ont été enfermés, après un nettoyage dans un caniveau pour nettoyer quelque peu le sang sur leur corps. Enfin alertée, grâce à un téléphone portable qui a échappé à la razzia de ce commando (un des ados s’était assis dessus et a pu le glisser dans sa poche), le Député Nina est allé à Tsaralalàna, très inquiète du sort de ces enfants qui sont les siens. Là, elle a été reçue par un certain commissaire Pirzad (ou Pirzada on le saura plus tard) qui a révélé qu’il s’agissait d’un commando du SAG (Service anti-gang) de la police nationale cantonnée à Antanimora. «On» leur avait ordonné d’aller chez le député aux 67 ha car elle «cachait des miliciens et des armes».


Attention! Dans cet état Hvm de l'espace malgachophone, si vous avez à la maison ce genre de couteaux, vendus dans les grandes surfaces, vous risquez la prison ou la maison de force

Pourquoi avoir mis en détention ces ados si rien n’y a été trouvé? Déclaration aberrante du commissaire, «ami» du Député Nina sur facebook (vrai, il l’a dit lui-même): «ils ont trouvé un long couteau et l’un des ados a blessé un policier ». Réponse du Député: «Mon ami, chez moi, je fais la cuisine. Il y a plusieurs sortes de couteaux: couteaux pour couper la viande, couteaux pour la table, etc. Où est ce policier blessé, je vais le soigner et acheter les médicaments quel que soit le prix, mais faites sortir mes enfants pour les amener chez un médecin car je sais qu’ils sont blessés». Sourire gêné du commissaire qui a alors ordonné qu’on libère les ados. Mais à partir de 6h. Après tout un cinéma dont la narration se trouve dans l’audio ci-dessus, les quatre ados, effectivement en piteux état, ont été remis entre les mains du Député qui a signé un papier comme quoi elle devait les ramener une fois les soins médicaux effectués.

Emmenés à l’hôpital HJRA, à Anosy, le constat du médecin urgentiste est sans appel: coups et blessures sur ados de 20 à 22 ans, amenant à 9 jours d'arrêt s'il n'y a pas de complications. Puis, ils ont été ramenés à l’hôtel de police d’où ils ont été transférés à la prison d’Antanimora! Raison avancée: le policier «blessé» mais qui a été invisible, a porté plainte pour coups et blessures! Un comble! Voilà donc l’Etat de droit dans l’Espace malgachophone: un policier en civil qui fait irruption chez autrui en dehors des heures légales, sans mandat, sans rien et qui porte plainte parce qu’il a été «blessé» par un adolescent qui était en légitime défense. Bravo Hvm!

Mais il y a pire, esprit de corps sans doute. Dans un premier temps, dans un communiqué, le service communication de la police a nié ces faits, arguant « qu’il s’agissait d’une simple cambriolage qui n’était pas un acte émanant de policiers ». Or, qui a été vu sur la chaîne pro-régime IBC, le soir du 14 septembre 2016? Le Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Olivier Mahafaly qui a déclaré: «Effectivement des policiers sans mandat ni mission de perquisition se sont pointés chez la Députée Nina. Des sanctions seront infligés aux auteurs de cet acte illégal». Certes, il n’a pas pris la peine de présenter ses excuses au Député Nina, mais ses déclarations sont lourdes de sens: les protégés de Rajaonarimampianina n’en font qu’à leur tête.

A présent, la question est de savoir pourquoi retient-on encore ces adolescents dans la prison d’Antanimora? Le statut de Premier ministre d’Olivier Mahafaly suffira-t-il pour stopper ces actes terroristes et de terroristes commandités par les proches du président de la république? Et tout cela se passe dans l’espace malgachophone:

Mbola "Tafaray" Rajaonah. Comment il est devenu milliardaire avec la bénédiction du pouvoir Hvm et ses drôles de dames

Violations répétées de la constitution? Espace malgachophone

Code la communication liberticide? Espace malgachophone

Accaparement des richesses du pays par des étrangers? Espace malgachophone

Trafics en tous genres jamais résolus? Espace malgachophone

Délestages et coupures de courant? Espace malgachophone

Bafouage du droit syndical? Espace malgachophone

Grèves stoppées à coups de mallettes magiques, mais qui vont bientôt reprendre? Espace malgachophone

Vente de terres à des étrangers sans passer par l’Assemblée nationale? Espace malgachophone

Déni de justice flagrant et répété des juges censés être séparés des pouvoirs législatif et exécutif? Espace malgachophone

Corruptions à tous les niveaux de l’administration? Espace malgachophone

Insécurité généralisée? Espace malgachophone

Hausse sauvage du prix des PPN? Espace malgachophone

Dettes contractées au nom de l’Etat malagasy? Espace malgachophone…


Paris, siège de l'OIF, le 14 septembre 2016. Oui, pour Hery Rajaonarimampianina et Michaëlle Jean, dans l'Espace francophone, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. L'Espace malgachophone n'est et ne sera jamais pas leur tasse de thé, malgré des déclarations à l'emporte-pièce loin des réalités vécues par un peuple paupérisé à outrance

Bref, des histoires malgacho-malgaches dans lesquelles la «communauté internationale» ne s’immisce pas, loin de l’Espace économique francophone. Ainsi, ce sommet de la Francophonie d’Antanarivo ne se passera qu’aux alentours d’Ivato et du quartier d’Antaninarenina et celui d’Anosy. Tout l’espace malgachophone, le temps de quelques jours, aura disparu: mendiants, saleté et bruits de la pauvreté. Puis, tout redeviendra comme avant. Avec encore plus de misère, de colère refoulée et de répressions contre des «mpanongan-panjakana» imaginaires. Puis, tout pètera sas crier gare, comme des commandos du SAG qui viendront chez vous. Car, ne rêvez pas: cela n’arrive plus qu’aux «autres»… Combien de Français morts en deux ans?

Aussi, cautionnez encore, cautionnez toujours ce régime, il en restera bien quelque chose, le jour du grand jugement. Toutes les preuves sont consignées sur madagate.org

Jeannot Ramambazafy – 16 septembre 2016

Mis à jour ( Vendredi, 16 Septembre 2016 13:23 )  
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