Contes et histoires de Madagascar

Samedi, 16 Août 2008 13:49 Musiques
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Angano : Contes et histoires de Madagascar

Recueillis, traduits et adaptés par Bernard et Monique CLAVERIE

Collection « Lettres de l’Océan Indien »

« Déjà, Jean Paulhan en témoignait au début du siècle en ramenant en France un recueil de littérature classique malgache pour l'éditer : cette terre est une terre de légendes.

Contes et récits fabuleux, histoires, prodiges... Madagascar est riche de ce patrimoine d'une littérature orale qui se raconte, dans les villages à la tombée de la nuit.

Angano est l'un des recueils de ces histoires dont l'origine se perd dans la mémoire. Un livre de contes où voisinent l'ogre de Trimobe et le caméléon, le crocodile et la jolie Fara.

Livre-voyage pour se laisser porter au gré du vent de cette belle culture métisse si spécifique à la Grande Ile posée au carrefour des océans qui relient l'Asie à l'Afrique. »

Didier MAURO

De l'Académie des sciences d'outre-mer

Monique CLAVERIE est professeur de littérature, Bernard CLAVERIE est artiste-peintre, metteur en scène de théâtre et professeur d'arts plastiques à Martigues.

Ensemble, ils ont parcouru les villages et les banlieues pour écouter, recueillir, traduire et transcrire ces histoires nées de l'imaginaire collectif du peuple malgache, et les faire partager au monde.

 

Si mon enfant guérit, je sacrifierai un bœuf au dessus du ciel

II était une fois un homme qui avait un enfant malade. Sa maladie semblait tellement incurable, malgré les remèdes, que l'homme finit par promettre à Dieu de lui sacrifier un boeuf au-dessus du ciel si l'enfant guérissait. A partir de ce jour-là, l'état de l'enfant s'améliora petit à petit, après avoir bu une tisane préparée par un guérisseur. Le père était inquiet, car il ne savait pas comment réaliser son voeu. Il demandait conseil à tout le monde.

Voilà qu'un vieux du village lui proposa ceci :

- Attache un boeuf vivant, et amène le sur le lac par beau temps, dans une barque.

L'homme s'exécuta volontiers ! En arrivant au milieu du lac, le vieux lui fit regarder dans l'eau pour savoir ce qu'il voyait.

- Le ciel, dit le père du malade.
- Alors fais le sacrifice puisque tu es au-dessus du ciel maintenant.

Clémence Voahangiarisoa

 

Rakoto et son taureau


Dans un village non loin d'Antsirabe, vivait un homme appelé Rakoto qui cultivait du katrony (l'herbe, le haschich) en grande quantité. Comme il aimait trop le katrony, il en fumait beaucoup chaque jour. Il en faisait aussi des vêtements (vêtement : rongony), et gagnait ainsi beaucoup d'argent.

Il empilait les grains de katrony et les mangeait avec du riz et de la viande. Chaque fois qu'il allait à sa ferme pour traire le lait de toutes ses vaches, il fumait d'abord cinq tiges de katrony et mangeait une assiette de riz mélangé avec de la poudre de katrony. Un jour qu'il en avait trop fumé avant la traite, il se trompa de vache et il attacha le taureau. Mais celui-ci le chargea et lui coupa la jambe gauche.

Depuis ce jour-là, il est interdit à toute sa descendance, les Antsirabiens, de toucher ou de fumer le katrony.

Raphaël Rakotomanana


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